Si tu es arrivé sur cette page, il est possible que tu te sentes différent.
Peut-être que tu as l’impression que les autres avancent plus facilement que toi.
Peut-être que tu te demandes ce qui ne fonctionne pas chez toi.
Peut-être que tu as déjà entendu que tu manquais de volonté, que tu étais trop sensible, trop dispersé ou que tu ne faisais jamais les choses comme il faut.
Peut-être même que tu as fini par le croire.
Moi aussi.
À 20 ans, j’aurais aimé qu’une personne me regarde et me dise :
« Tu n’as pas besoin d’être comme tout le monde pour réussir. »
J’aurais aimé qu’on m’explique qu’il existe plusieurs façons d’apprendre, plusieurs façons de travailler, plusieurs façons de construire sa vie.
J’aurais aimé qu’on me dise que changer de direction ne signifie pas être incapable.
Que ressentir les choses intensément n’est pas une faiblesse.
Que chercher du sens n’est pas un défaut.
Que l’on peut être intelligent et douter de soi.
Que l’on peut avoir du potentiel et ne pas savoir quoi en faire.
Que l’on peut être perdu sans être perdu pour toujours.
En cinquième, je me sentais souvent seule.
Je n’étais ni rejetée ouvertement, ni réellement intégrée. Dans le meilleur des cas, certaines filles de ma classe ne me parlaient pas. Dans le pire, elles se moquaient de moi ou me critiquaient.
Avec le recul, je réalise que durant toute ma scolarité, je n’ai jamais eu beaucoup d’amis. Une ou deux personnes proches, tout au plus.
Puis est venue l’orientation.
Je voulais travailler dans le social.
Aider.
Être utile.
Mais par manque d’accompagnement et sans vraiment comprendre les conséquences de mes choix, je me suis retrouvée en BEP secrétariat.
Ce décalage entre ce que je ressentais profondément et ce que je faisais réellement allait m’accompagner longtemps.
Par la suite, j’ai souvent eu le sentiment de chercher ma place.
Je changeais de projet.
Je doutais.
Je commençais certaines choses avec enthousiasme puis je me décourageais.
La moindre remarque pouvait parfois avoir plus de poids que mes propres convictions.
Je faisais davantage confiance au regard des autres qu’au mien.
Je cherchais à me conformer.
À faire ce que l’on attendait de moi.
À rentrer dans le moule.
Et cela me demandait une énergie considérable.
Avec le temps, cette lutte intérieure m’a conduite à traverser plusieurs périodes difficiles, dont une dépression chronique.
Avec le recul, je crois que cette période a marqué un tournant.
Elle m’a obligée à ralentir.
À m’écouter.
À remettre en question certaines croyances profondément ancrées.
Et surtout à me poser une question essentielle :
« Qui serais-je si j’arrêtais enfin de vivre selon ce que les autres attendent de moi ? »
Cette question a changé beaucoup de choses.
Elle m’a amenée à être plus douce avec moi-même.
À remettre en question l’idée que je devais absolument correspondre à une norme pour avoir de la valeur.
À comprendre que mes différences n’étaient pas forcément des défauts.
Puis un jour, lorsque mes propres enfants ont commencé à me renvoyer l’image d’une personne paresseuse, incapable d’aller au bout des choses, avec une forme de mépris qui faisait écho à ce que je craignais déjà de moi-même, j’ai touché quelque chose de profond.
Je me suis alors promis une chose :
Plus personne ne définirait à ma place qui je suis, ce dont je suis capable ou la valeur que j’ai.
Cette décision a marqué le début d’un nouveau chemin.